Samedi 30 juin, c'est la Gay Pride parisienne.
À l’origine des gay prides, la révolte d’une poignée d’homosexuels et de drag queens lors d’une énième descente de police dans un bar new-yorkais de Christopher street. Racket, passage à tabac, arrestations, fichage…
Ce 27 juin 1969, les clients du Stonewall refusent de baisser encore la tête. S’en suit une émeute et cinq jours d’affrontement avec la police.
La presse s’en émeut. L’année suivante, la première gay pride remonte la 6e avenue. La longue lutte des homosexuels est en marche.


C’est l’occasion de défendre les valeurs qui nous unissent, respect de la différence, rejet des exclusions, égalité des droits. Des valeurs universelles que chacun, quelle que soit son orientation sexuelle, peut porter. La lutte contre les discriminations « concerne » tout le monde !
La « Marche des fiertés » est d’abord l’occasion de dire que nous existons. L’homosexualité n’a été « dépénalisée » en France qu’en 1982, ce qui est somme toute très récent, et reste un délit ou un crime dans beaucoup de pays… C’est pourquoi nous devons faire acte de visibilité, dire que nous faisons partie de la société.
Cette journée est un événement unique dans l’année, qui remet le thème de l’homosexualité sur la place publique et amène chacun, citoyen ou élu, à se positionner par rapport à ce sujet, et ce faisant, à le sortir de l’anonymat. Le pire ennemi, c’est l’ignorance.
Chacun a le droit de défiler comme il l’entend : militant, anonyme ou drag-queen… Non, la gay pride ne donne pas « une mauvaise image » ; elle est au contraire un symbole de tolérance, riche de sens et d’individus. Il importe de ne pas s’arrêter à une seule image, caricaturale parce que tronquée, servie par certains médias. Il serait bien paradoxal de prétendre lutter contre les discriminations tout en distribuant bons et mauvais points aux participants.
Plus généralement, le nombre de gay prides, et leur succès, est un bon indicateur du niveau d’ouverture et de démocratie d’un pays. Rappelons les difficultés rencontrées en Europe en 2007 : défilés sous protection policière en Pologne, Lettonie et Roumanie, manifestation interdite en Lituanie. Sans parler des violences en Russie sous l’œil impassible de la police.
Alors oui ! Encore de nos jours, la marche reste un moment important. Particulièrement pour tous ceux qui ne peuvent pas y participer. Car défiler, c’est exister, affirmer sa place dans la société !